Tadao Ando, Le défi, Centre Pompidou, Paris

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Tadao Ando, Le défi


Le Centre Pompidou accueille du 10 octobre au 31 décembre 2018 une grande exposition consacrée au travail de l'architecte japonais Tadao Ando, avec une multitude de maquettes, de documents et de vidéos explicatives de son travail.


«  Être délicat et audacieux en même temps. Je veux développer l'espace avec soin d'une main méticuleuse. D'un autre côté, je projette d'ouvrir cet espace avec force et violence. Si la délicatesse est une caractéristique de l'Orient et du Japon, je veux essayer d'y introduire de l'audace.  » Tadao Ando


Figure majeure de l'architecture contemporaine, Tadao Ando, né en 1941 à Osaka, prône une architecture d'une pureté extrême, aux formes géométriques abstraites tendant à la perception de l'espace-temps. L'exposition met en avant son utilisation du béton lisse et la prééminence des éléments naturels, telles l'eau et la lumière, dans ses grands principes de création. Le grand défi de Tadao Ando consiste depuis le début de sa carrière – qu'il a débuté en tant qu'autodidacte, nourri des schémas de Le Corbusier - à émouvoir la fibre spirituelle du visiteur. Il voyage en Europe à partir de 1965 pour se former par l'observation, puis crée son agence d'architecture en 1969 à Osaka. Il a depuis obtenu plusieurs prix et distinctions, dont le Prix Pritzker d'architecture en 1995 aux États-Unis.




La forme primitive de l'espace

Tadao Ando s'attache plus aux espaces qu'aux surfaces. L'extrême simplicité des grandes étendues de béton lisse est étudiée pour attirer la lumière à l'intérieur des pièces et à procurer un sentiment de transparence et de douceur. Car pour Ando, l'architecture s'expérimente par le corps et l'esprit. Depuis ses premières créations dans les années jusqu'aux projets des années 1990, les formes géométriques épurées et les éléments naturels communiquent dans son architecture où la nature devient abstraite. Pour exemple, la Maison Azuma à Sumiyoshi conçue comme une boîte de béton au cœur d'un quartier ouvrier d'Osaka, qui a rendu l'artiste célèbre dans le monde entier, a été aménagée de manière à créer un espace calme échappant à l'agitation urbaine.








L'exposition présente environ 50 projets majeurs de l'architecte, des maquettes originales, des dessins, diaporamas et carnets de voyages, accompagnés de vidéos et photographies prises par Ando. Elle s'articule autour de quatre grands thèmes  : la forme primitive de l'espace, le défi de l'urbain, la genèse du paysage et le dialogue avec l'Histoire. Au centre de l'exposition, la grande installation consacrée à l'île de Naoshima investie par Ando constitue un modèle exemplaire de son rapport à la nature. Cette île, située dans la préfecture de Kagawa, a été choisie pour l'implantation d'un musée d'art contemporain. Depuis 30 ans, Ando y a construit sept autres bâtiments qui remodèlent profondément le paysage. Aucun plan directeur n'a été élaboré, ce qui permet à Ando de donner le jour à une architecture organique et évolutive sans équivalent. Les bâtiments sont souvent enfouis pour épouser la topographie du site, telle une architecture invisible. Leurs formes géométriques enchevêtrées contrastent néanmoins avec la douceur de leur environnement. Nahoshima, petite île auparavant méconnue, accueille désormais des visiteurs du monde entier, alors que deux nouveaux musées conçus par l'architecte y sont en cours de réalisation.


Commissaires de l'exposition  : Frédéric Migayrou et Yuki Yoshikawa



Exposition du 10 octobre au 31 décembre 2018. Centre Pompidou, place Georges Pompidou – 75004 Paris. Ouverture tous les jours sauf le mardi de 11h à 21h.


Dialogues avec l'histoire

Tadao Ando a été chargé plusieurs fois d'investir des bâtiments historiques, par exemple lors des commandes de la Fondation Pinault à Venise et à Paris. Il a su y élaborer une approche inédite de rénovation, marquée par le respect pour la mémoire et l'esprit des lieux. Sa démarche consiste à mettre en valeur l'ancien par l'ajout de constructions radicalement contemporaines, instaurant un dialogue permanent entre passé, présent et futur. Dans l'exposition, la maquette de la Bourse du Commerce, en cours de transformation pour l'espace de la Fondation Pinault à Paris, voisine avec ses réalisations déjà effectuées pour les espaces d'exposition de la même fondation à Venise, au Palazzo Grassi inauguré en 2006 et à la Punta della Dogana ouverte en 2009.

L'urbain au défi

Face à l'industrialisation de l'architecture urbaine, Tadao Ando revient aux valeurs de l'architecture japonaise qui joue avec la nature. Il cherche à «  créer une ville et des édifices où l'on éprouve courage et liberté.  » Dès la fin des années 1990, il s'engage dans de grands projets associant urbanisme et culture. Il élabore un nouveau rapport de continuité entre intérieur et extérieur avec la création de passages, d'extensions de la rue préservant l'autonomie des bâtiments, revenant au concept d'engawa. Il redéfinit le sens des lieux urbains en redéfinissant la notion d'espace public et d'espaces pour le public. Ainsi, l'Eglise de la lumière, simple boîte de béton fendue d'une croix apportant la lumière, a été construite de manière que l'espace et la lumière soient ressentis différemment par chaque visiteur.



Tadao Ando, Maison Azuma à Sumiyoshi © Archives Centre Pompidou

Genèses du paysage

«  Finalement, ma création architecturale et mon intention auront probablement consisté à créer des paysages. Ces paysages ne sont pas inhérents à la nature, mais proviennent d'une conception abstraite et sont réalisés dans un espace de liberté aux infinies possibilités, dans lequel l'abstrait et le concret sont en concurrence.  » (Tadao Ando). Hors des centres urbains, la question du paysage est partie prenante dans de nombreux projets de Tadao Ando. Il attache une grande importance au sol, qu'il travaille pour enterrer une partie des espaces de circulation conçus en étagement pour renforcer le sens du contexte et de la spécificité de chaque site. Ando compose avec l'ensemble des qualités naturelles, historiques et sociales propres à chaque lieu pour restaurer la mémoire des communautés qui les ont façonnés, tout en leur apportant de nouvelles dimensions et qualités. Durant une trentaine d'années, Ando a remodelé avec rigueur des territoires à grande échelle. Une statue de Bouddha installée au sein d'un cimetière dans une grande plaine d'Hokkaido a été «  cachée  » par Tadao Ando dans la colline artificielle du Bouddha. Plantée de 150 000 pieds de lavande dont la couleur change au fil des saisons, elle crée l'illusion d'un «  Bouddha qui sort la tête  ».

Tadao Ando, Eglise de la Lumière

Tadao Ando, Eglise de la Lumière

Tadao Ando, Colline de Bouddha. Crédit photos Makomanai Takino Cimetary

Tadao Ando, Colline de Bouddha. Crédit photos Makomanai Takino Cimetary