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Après les hydroliennes, les bouées marémotrices
6 avril 2006 / Royaume Uni

Par Duncan Graham-Rowe/Source : Courrier International/New Scientist

Un flotteur ballotté par la houle, c’est le dispositif de base du nouveau générateur à énergie renouvelable proposé par un ingénieur britannique.
Un générateur composé d’une base fixe et d’une bouée mobile – et qui se sert de la force des vagues – va peut-être faire de la houle une source d’énergie renouvelable particulièrement efficace et compétitive. L’appareil, appelé Snapper, convertit le lent remous des vagues en un mouvement semblable à celui d’un marteau-piqueur. C’est à partir de ce va-et-vient que le système va produire de l’électricité.

Même s’ils suscitent un enthousiasme croissant – au Royaume-Uni et au Portugal, par exemple –, les générateurs marémoteurs actuels présentent des coûts d’installation élevés et des performances limitées. Pour une exploitation optimale de l’énergie marémotrice, il faut privilégier un flux hydraulique fin s’écoulant à grande vitesse. En général, la houle représente plutôt une force de grande envergure mais qui se meut lentement, si bien que la plupart des générateurs existants dépendent de systèmes de turbines qui vont transformer cette houle en une forme de flux plus efficace [voir CI n° 703, du 9 septembre 2004]. Ces dispositifs sont donc complexes, les coûts globaux sont élevés et le rendement, au final, est relativement faible.

Ed Spooner, un ingénieur consultant de Crook, dans le comté de Durham, au Royaume-Uni, a conçu une solution alternative : une bouée attachée à une tige, sur laquelle sont fixés des aimants, qui va coulisser à l’intérieur d’une unité génératrice fixe installée sur le fond marin. Quand la bouée monte et descend sous l’action de la houle, les aimants interagissent avec des bobines de fil conducteur statiques installées dans l’unité génératrice et induisent un courant électrique [procédé similaire à celui des alternateurs ou des dynamos de bicyclette]. La paroi du cylindre dans lequel coulisse la tige comprend une série d’aimants alignés sur ceux qui sont sur la tige. Chaque aimant de la tige est maintenu face à un aimant de la partie fixe par attraction magnétique. C’est l’interaction entre ces deux groupes d’aimants qui produit les mouvements saccadés du Snapper. A l’arrivée de la vague, la bouée reste d’abord en place. Quand la force de flottaison qui tire la bouée vers la surface dépasse la force d’attraction qui unit les aimants, la bouée fait un bond et fait monter la tige. Ce mécanisme se poursuit tant que la bouée s’élève. Une fois la vague passée, la bouée redescend et un ressort ramène la tige vers le bas en passant par le même processus qu’à la montée. Ces cycles de mouvements brusques produisent des impulsions électriques, a déclaré Spooner à la World Technology Maritime Conference qui s’est tenue à Londres. Les expériences réalisées avec un prototype montrent que ce dispositif présente un rendement supérieur à celui des systèmes existants. Il permettrait donc d’obtenir la même quantité d’électricité que les grandes hydroliennes, mais avec des appareils bien plus petits et pour un coût moindre.

Spooner a transféré les droits de son brevet au New and Renewable Energy Centre [NaREC, organisme britannique de financement et de recherche sur les énergies renouvelables] de Blyth, dans le Northumberland, au Royaume-Uni. Pour Keith Melton, le directeur du centre, on pourra fabriquer avec ce système des générateurs hydrauliques à même de rivaliser avec les autres sources d’énergie renouvelables, comme les éoliennes, mais aussi avec les combustibles fossiles.



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