Les Musées de Marseille et l’ADIAF, Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français, s’associent pour présenter l'exposition La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées, à l'occasion de la 8e édition de la Triennale De leur temps, qui met en lumière les œuvres acquises au cours des trois dernières années par des collectionneurs engagés dans la valorisation de la création contemporaine.
La vie climatique. Histoires sensibles des collections privées rassemble ainsi 136 œuvres issues de plus de 70 collections privées françaises et internationale et de mécènes marseillais, traversant tous les champs de la création : peinture, vidéo, sculpture, performance et installation.
L'exposition explore la collection comme un véritable écosystème vivant et interroge le "climat idéal" des musées -
Travée 1 : La collection, un écosystème
À l’aide d’insectes téméraires, d’élixirs végétaux, de poussières et autres substances volatiles, les artistes nous incitent à aiguiser nos sens pour observer ce qui, au sein des collections, est déclaré dérisoire ou n’ayant pas droit de cité. Surgissent ainsi des vies minuscules et des interdépendances insoupçonnées qui d’ordinaire se trament hors de notre vue. Les œuvres racontent ici des stratégies de résistance, et parfois entendre faire réparation. Ensemble, elles aspirent à nous faire ressentir ce qui est juste là: une respiration commune traversant vitrines et fenêtres closes, un souffle liant imperceptiblement nos vies à celles que nous pensions simplement regarder.
Travée 2 : Vers une écologie des relations
A la constance d’un climat mis sous cloche, déployé dans la première partie de l’exposition, les artistes opposent ici un écosystème traversé par des écarts spectaculaires de température. Au mur, les corps s’échauffent, brûlent d’un désir ardent. Des caméras thermiques enregistrent la chaleur générée par l’ensemble des êtres et des « choses ». Elles questionnent nos représentations des savoirs « froids », des quartiers « chauds » et des comportements « incendiaires ». Sous la forme de chants d’amour ou de promesses de métamorphoses, les œuvres narrent ici la fluidité des corps, des identités et des territoires, dans des histoires sensorielles qui n’avaient jusqu’alors que peu d’oreilles pour les écouter.
Travée 3 : Imaginaires et politiques climatiques
L’histoire de l’art européen regorge de ciels ensoleillés qui, depuis les colonisations modernes, désignent la tempérance du climat comme un horizon universellement désiré. Pourtant, nombre d’artistes pointent aujourd’hui l’ambivalence du « ravissement » provoqué par la contemplation de ces atmosphères stables et tranquilles. Avec poésie ou ironie, leurs œuvres s’attachent à trahir l’apparente innocence des découpages climatiques du ciel, qui ont accompagné la conquête de territoires lointains et ses préoccupations nouvelles d’acclimatation des êtres et des ressources.
L’art de notre temps nous rappelle combien « le temps qu’il fait » relève de phénomènes atmosphériques autant que de constructions esthétiques, politiques et technologiques. En rejouant des palettes chromatiques héritées des beaux-
Dans des abstractions colorées ou de subtiles constructions photographiques, les artistes évoquent ici les usages normatifs ou coercitifs qui ont été faits du ciel pour administrer d’une main ferme la coexistence des vivants.
Enfin, s’éloignant de ces climats artificiels, les artistes présentés en fin de parcours ouvrent de nouveaux imaginaires, où l’écosystème des collections laisse entrevoir des manières émancipatrices d’habiter collectivement le présent, et de penser la parenté des Nords et des Suds.
Commissaires de l’exposition: Stéphanie Airaud, directrice du [mac] et Sandra Delacourt, historienne de l’art contemporain.
La vie climatique
Musée d’art contemporain, Marseille, 04 avril au 20 septembre 2026
© D’après Stéphane Couturier -
Exposition du 04 avril au 20 septembre 2026. [Mac] Musée d’art contemporain, 69 avenue d’Haïfa -
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