Le lignite

Le lignite est une roche sédimentaire composée de restes fossiles de plantes. C’est une roche intermédiaire entre la tourbe et la houille, un charbon composé de 50 à 60% de carbone.

Le lignite est utilisé pour le chauffage et pour produire de l’électricité. A l’état naturel il contient 50% d’eau et doit donc être broyé et séché pour réduire cette teneur à environ 11%. Son transport est donc onéreux et son exploitation reste limitée à la proximité des exploitations. Il est de plus considéré comme un combustible peu rentable : son pouvoir calorifique inférieur (PCI) est de 20.000 kJ/kg alors que celui de la houille est de 29.000 kJ/kg.

Greenpeace demande l’abandon de l’exploitation de ce minéral, qu’il considère comme « un poison pour le climat ».

Le lignite est un combustible fossile non-renouvelable qui, lors de sa combustion, comme le pétrole et le gaz naturel d’extraction, rejette du CO², gaz à effet de serre désastreux pour le climat. Riche en sulfure, il occasionne de fortes pollutions responsables de pluies acides.

Emissions de CO² des sources d’énergie fossiles (par tonne équivalent charbon) :

· Lignite : 3,25 t

· Charbon : 2,68 t

· Pétrole : 2,30 t

· Gaz naturel : 1,50 t

Or, certains exploitants de centrales électriques, en Allemagne (où existent de nombreuses mines à ciel ouvert en Rhénanie) et au Luxembourg, demandent une croissance de sa production et de ses ventes.

Des gens expropriés et une immense occupation de terres
Greenpeace signale que les terres occupées par l’exploitation minière allemande de lignite s’élèvent à 36.599 hectares uniquement pour l’ancienne RFA. Au cours des 30 dernières années, plus de 30.000 personnes ont perdu leur habitation à cause de l’exploitation à ciel ouvert du lignite. Au total, plus de 925 millions de tonnes de sable et de roches sont déplacées chaque année en Allemagne, pour extraire seulement 182 millions de tonnes de lignite.

Diminution des nappes phréatiques
Les effets sur des diminutions de niveau des nappes phréatiques dans le bassin du Rhin sont ressentis jusqu’à la frontière néerlandaise. Environ 3.000 km², soit 10% de la superficie de la Rhénanie –du-Nord-Westphalie, sont touchés par ces baisses de niveau dues à l’exploitation des mines. Celles-ci constituent également une menace très sérieuse pour l’approvisionnement futur en eau potable : le niveau des nappes phréatiques remonte à la fin de la production et celles-ci s’acidifient au contact du soufre.

Un exemple : l’ancienne centrale de Neurath (celle-ci doit être encore agrandie !)
La centrale au lignite de Neurath se compose en tout de 5 blocs de production qui produisent 2.100 MW. A pleine charge, la centrale brûle quotidiennement 53.700 tonnes de lignite et émet de ce fait environ 50.000 tonnes de CO² par jour (quelques 18 millions de tonnes par an).
Quand la nouvelle production d’électricité à base de lignite sera mise en service à Neurath, la consommation de charbon et les émissions de CO² doubleront. Pour son exploitation, sera utilisé le lignite extrait des mines à ciel ouvert de Garzweiler et de Hambach. Louée pour « sa modernité », la centrale BoA² présente un rendement de seulement 43%. Bien que ce chiffre soit supérieur à la moyenne des anciennes centrales (30 à 35% au plus de degré d’efficacité), 57% de l’énergie produite reste inutilisée. La nouvelle centrale émettra 14 millions de tonnes de CO² en plus par an.
Au total, le bassin rhénan renferme 55 milliards de tonnes de lignite dont, selon l’état actuel de la technique, quelques 35 milliards peuvent être extraits tout en conservant une certaine rentabilité (source : RWE, constructeur de la nouvelle centrale de Neurath).



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